Des nouvelles de Madison

 

Un jour de février 2017, le 18, j'ai pris le train pour aller jusqu'à Nîmes, où Laure m'attendait... Après quelques hésitations, j'avais enfin fait le pas et je venais chercher Madison, pour que ma Kedama (écaille de tortue, née de mère SDF et de père inconnu dans un jardin de la Haute-Loire), véritable boule de poil (c'est ce que signifie son nom en japonais) ait un copain pour jouer et passer le temps, car elle me semblait souffrir de la solitude quand je partais travailler.
Laure m'a emmenée chez Isa, et là, j'ai pu apercevoir Madison, très timide, mais beau, avec une ligne à faire rêver.

Nous avons repris un TGV pour remonter vers Lyon et j'ai ouvert le panier à chat dans le bureau, pour éviter une confrontation trop rapide... mais Kedama, qui s'est intéressée à ce qui pouvait se trouver derrière la porte, n'a pas grogné, rien... Madison, après plusieurs essais de noms, est devenu Waki (和喜, harmonie et joie, en japonais) et est resté très longtemps difficile à apercevoir, car il restait caché sous le radiateur, entre les meubles, enfin partout où il pouvait disparaître. Pendant des semaines, j'ai espéré le voir prendre confiance.

Et puis, un jour, il a osé s'approcher. Ce n'est pas un chat que l'on peut prendre dans les bras. Il reste aussi fuyant qu'un savon au fond de la baignoire, d'autant que ce jeune homme est très musclé, avec un poil très dense, court, très lisse et brillant : il n'y a pas de prise pour l'attraper ! Mais petit à petit, il s'est révélé très câlin, venant franchement me donner des coups de tête pour que je le caresse. Et là, il se met à ronronner comme un fou.

Il s'entend très bien avec Kedama, et bien qu'il ait accepté que ce soit elle "la chef", il sait très bien profiter des situations qu'elle obtient, pour avoir une petite friandise, un comprimé de levure de bière pour un beau poil bien brillant et une place sur le fauteuil ou devant le radiateur. Le soir, chacun a son coin : Waki sur le dossier du canapé et Kedama sur le pouf, ou bien l'un ou l'autre sur mes genoux pendant que je tricote. Le matin, je les retrouve tous les deux serrés l'un contre l'autre et les deux collés contre moi.

Il y a des cavalcades, des courses folles dans le couloir de l'étage (heureusement, il n'y a pas d'accès direct à l'escalier, juste un couloir pour se dérouiller ses papattes). Waki caquette comme une poule (qu'est-ce que j'ose dire!) quand il aperçoit un pigeon sur le toit d'en face et me regarde avec un air parfaitement innocent après avoir fait tomber les boules du sapin de Noël... mais c'est un tendre plein d'affection.

Avec Kedama ils "s'entre-léchouillent" et partagent honnêtement, vraiment moitié/moitié, un sachet d'émincés en gelée dans la même gamelle — sachet après lequel ils miaulent tous les deux à l'unisson, à 19 heures (il parait qu'il n'y a pas de bouton "pause" pour des chats qui ont faim !)... Sinon, ce sont des croquettes dans deux gamelles séparées.

Voilà, je tenais à rassurer Isa sur le sort de ex-Madison... mais si son frère a été nommé Matisse, parce qu'il avait le bout de la queue blanc, tel un pinceau, il faut savoir que Waki aussi, à l'extrémité de sa queue, fine et noire, a une toute petite tache blanche pas plus grosse qu'un petit pois... signe de famille sans doute !

En tout cas, merci pour tout ce que l'association a fait pour ce beau Waki, merci pour tout ce que vous faites au quotidien pour tous ces chats que les humains traitent de façon si inhumaine.

Ci-joint, quelques photos.

Bien chat-leureusement,

Frédérique B