Un samedi béni des dieux à Nîmes, mais...

27 octobre 2018 . Il est un peu plus de 14 heures.

C’est un samedi béni des dieux, si j’ose dire : cela aurait pu être un samedi de m… Le temps est pourri et ma minette a "gerbé" dans le couloir (elle ne fait pas les choses à moitié !).
En tous cas, c'est un samedi qui a mal commencé pour cette minette très jeune, terrifiée, malade et sale (cela va ensemble), acculée dans un recoin de mur. Et "pis" un grand sentimental (en fait, c’est vrai) rencontre son regard désespéré… Un appel d’urgence sur mon portable et je me déguise en coureur, enfin un peu boiteux, le coureur... J’amène mon foodtruck de poche (ma glacière qui sert pour Perle, la chatte qui vit dehors).

Ce petit corps implorant qui me regarde, comme seuls les chats savent le faire.

Et voilà ce petit corps implorant qui me regarde, comme seuls les chats savent le faire : normal, ils ne parlent pas.

Monsieur va chercher la voiture et la cage de transport, qui se révèlera inutile. Je me suis approchée et j'ai présenté de la nourriture, mais le petit bout s’est sauvé, pas bien loin. J’ai aussi fait « agent de circulation » et récupéré Manon (c’est le nom que nous avons choisi) sur la chaussée, car elle m’a fait courir un peu… Bizarre, mes genoux ne m’ont pas fait d’ennui…

Enveloppée dans un petit tapis en polaire, je l’ai serrée contre moi pour qu’elle se réchauffe et j’ai attendu mon chauffeur.

« Bonjour, madame la docteur des chats ! »
On attend un petit peu et la minette se réchauffe dans mes bras. Elle me lance même un regard à faire pleurer et étire sa petite patte vers mon visage. So cute !
« Merci de nous prendre avant le minou et ses parents qui attendent dans la salle. Merci Madame et Monsieur.. » Il y a des gens qui reconnaissent l'urgence pour sauver Manon et cèdent leur place gentiment.

La vétérinaire :
"C’est une minette qui est sociable, mais elle est bien prise par un coryza. L'une de ses oreilles est pleine de pus, une croûte de la même substance se trouve dans son nez et elle trempée, déshydratée et dénutrie : cela va ensemble !"

C’est simple : elle voudrait ronronner, mais elle est enrouée… cela fait de la peine.
« C’est fini mon loulou, les dames s’occupent de toi. On revient te chercher à 18 heures. »

Un réseau de bonnes âmes s’est mis en route. Une petite cage de transport et un petit bac à litière : merci Chantal.
Une grande cage pour la quarantaine : merci Valérie de t’être démenée, mais j’en ai finalement trouvée une.
La prise en charge des soins : merci les Chats libres de Nîmes Agglo.
La convalescence : merci belle-maman (eh oui, il faut aussi le dire !).
Et surtout, merci au grand sentimental qui a trouvé ce petit cœur.

Voilà... aujourd’hui, il pleuvait dehors, mais pas dans mon cœur !
Christine de Nîmes

28 mars 2019 : Après cinq mois de bonheur, mais quel bonheur, Manon a perdu son combat contre toutes les saloperies qui se cachaient sous son beau pelage.

Elle s’est battue, mais malgré l’aide du personnel vétérinaire autour d’elle, elle a perdu son combat.

Merci Manon pour avoir illuminé le regard de ta mamie et sa vie difficile.

Merci de nous avoir fait rire, de nous avoir charmés aussi !

Merci de nous avoir offert tes mimiques, ta beauté et surtout tes câlins, tu en avais fait ta marque de fabrique.

Tu avais aussi généré un immense réseau de solidarité : tu n’imagines pas le nombre de personnes qui prenaient de tes nouvelles !

Nous ne t’oublierons jamais.

Au revoir... quand nous en aurons le courage, nous regarderons les photos… mais pas maintenant.

Christine de Nîmes

Adieu Manon.