Titi, le (presque gros) minet... et ses aventures !

Tigré clérisseau 2

10 juin fin d’après-midi : une jeune étudiante rentre en voiture chez ses parents à Alès. Elle dit à sa mère incidemment avoir entendu depuis deux jours un chat miauler dans son immeuble, sans savoir d’où venaient ces cris. Immédiatement, la maman s’en inquiète et un appel est passé à l’association Chats Libres Nîmes Agglo pour signaler le minet en détresse.
On trouve une bénévole qui habite pas loin de l’adresse indiquée. Elle se charge d’en savoir plus, contacte les nourrisseurs du quartier et d’autres bénévoles pour avoir de l’aide. Tous sont indisponibles à cette heure de la journée, car ils sont à leur travail. Du coup, la bénévole sollicite sa voisine, grande amatrice de chats également, ça tombe bien !
Une fois sur place, elles identifient l’origine des miaulements : un chat adulte et tigré est coincé dans un local désaffecté, une ancienne boucherie a priori. Il miaule à fendre l’âme, répond aux paroles réconfortantes que lui disent les deux bénévoles par la petite fenêtre qui surplombe le local. C’est d’ailleurs sûrement par là qu’est arrivé le minet, mais c’est trop haut pour revenir par le même chemin. On sort alors un vieux rideau, arrimé à la fenêtre et on continue d’appeler le chat. Il voit bien qu’on lui parle d’un truc, mais le rideau ne l’inspire pas… 
Que faire?… Perplexité dans les rangs… Une porte en métal fermée semble donner sur le local, donc on se met à la recherche d’une personne ayant la clé.
Une dame arrive justement dans l’immeuble et est immédiatement informée de l’histoire. Premier coup de chance, elle connait la propriétaire des lieux et a même son numéro de téléphone. Elle la contacte et apprend que cette dame est justement loin de Nîmes. Déception de courte durée car elle précise que la porte n’est pas fermée à clé : elle est juste entravée et difficile à ouvrir…. 
C’est comme ça que vous auriez pu voir deux bénévoles des Chats libres jetant de concert leurs épaules sur une porte en fer de toutes leurs petites forces. L’union fait la force, la porte cède de cinq centimètres au départ et le reste suit très vite. Criant hourra à voix basse pour ne pas effrayer le chat, les deux aventurières entrent alors dans le local, pensant que l’affaire est dans le sac...
Mais un minet qui est enfermé depuis deux jours dans un local, sans manger, ne se jette pas dans les bras des premiers humains venus, quand bien même ils viendraient avec des croquettes ou de la pâtée. On a sa fierté de minet tout de même !
Les pupilles dilatées par la peur, le chat court d’un coté et de l’autre du local, boudant les croquettes et la pâtée tant il est terrifié. 
Changement de stratégie, on va le capturer, car il est peut-être réellement sauvage. On va chercher un piège et il est mis en place. Les deux bénévoles se cachent dans un coin opposé au piège et au chat, qui s’est réfugié dans un trou de canalisation (voir la photo). Le temps passe, ça commence à faire long et le chat semble s’être installé dans son recoin. Il ne sort même pas pour manger la pâtée posée à 30 cm de lui, à découvert. 
Tentant le tout pour le tout, les bénévoles se rapprochent et le chat les fuit de nouveau puis se réfugie dans un coin, à moitié sous un rideau, ce qui permettra à l’une d’elles de s’approcher et de le caresser en lui parlant. Il est tout tendu et contracté, on le croirait en bois ! Il est désespéré ce minet, il veut partir de là, il veut changer d’histoire et qu’on lui fiche la paix ! 
Mais il ne mord ni ne griffe, alors la bénévole continue. Sa coéquipière s’approche avec la boîte de transport ouverte et d’un seul mouvement, le chat est attrapé et mis à l'intérieur. Un tissu est jeté immédiatement dessus et le minet se calme de nouveau, se sentant caché et en sécurité.
Il est alors 18 h 50 et le vétérinaire du coin ferme à 19 h. Nous aimerions bien savoir s'il appartient à quelqu’un tout de même, ce minet ! Nous prévenons le vétérinaire et arrivons, toutes voiles dehors.
Pas de chance, ce minet n’est pas identifié… Il est bien stérilisé par contre, mais impossible de savoir d’où il vient.
Nous nous organisons pour la nuit, faisons des photos du minet comme nous pouvons, mettons en ligne une annonce sur chat perdu, préparons une annonce pour afficher dans le quartier… et demain sera un autre jour, ça ira pour la journée !
 
11 juin fin d’après-midi : l'une des bénévoles gare sa voiture dans le quartier et en revenant chez elle, où a été trouvé le chat tigré en question, discute deux minutes avec une personne artiste, artisane et amatrice de chats également. La discussion tourne autour des chats évidemment et elles en viennent à parler de ce minet tigré et fort en voix. Nouveau rebondissement : ce minet est sûrement le chat d’un ami à elle ! Lydia lui montre l’affiche : disparu depuis le 27 avril, Titi est recherché par ses maîtres. 
Une photo est prise de l’affiche sur le portable avant un retour en trombe à la maison pour procéder à l'identification du matou. Si vous n’avez jamais essayé de comparer un chat tigré sur photo avec un autre chat tigré bien vivant et voulant faire des câlins, vous avez une découverte à faire ! Ils s’y sont mis à deux pour compter les rayures de la patte arrière, comparer celles de dessus de la tête… « Et tu crois que là, c’est pareil ? » et « Mais oui, regarde, ça fait un triangle ici et sur la photo aussi... Mais arrête de bouger le chat, on ne s’en sort pas ! ». On dirait bien le même, mais en plus maigre… C’est vrai que l'on sent ses os du bassin sous la main.
Contact est pris avec les personnes cherchant leur chat et un rendez-vous est fixé le lendemain matin. Le chat se nomme Titi. Des photos sont envoyées et tout le monde va se coucher en croisant les doigts. Titi, si c’est lui, ne pense qu’à la gamelle et aux câlins.
 
12 juin fin de matinée : Pierre est là, plein d’espoir. Il appelle Titi en entrant dans la pièce, lequel sort de son coussin pour lui faire la fête. Ils sont manifestement très contents tous les deux, voire émus. C’est très contagieux ce genre d’émotion… La première chose dont parle Pierre à présent, c’est l’identification du minet, ce dont nous sommes ravis ! 
En fait, Titi a l’habitude d’aller sur les toits et de s’y balader, voire d'y dormir. Un soir il n’est pas rentré et au bout de vingt-quatre heures, ses maîtres ont compris qu’il se passait quelque chose et ont commencé à le chercher. Depuis un mois et demi, les affiches étaient dans le quartier.

Conclusion, Titi est rentré chez lui après un mois et demi d’escapade, incapable de rentrer chez lui alors qu’il était à seulement 50 ou 100 mètres de sa maison. Les chats qui se perdent ne sont jamais loin de leur foyer, alors ça vaut la peine de poursuivre les recherches longtemps. Voyez les conseils donnés sur le site de l’association, identifiez vos animaux. C’est certes obligatoire, mais surtout nécessaire pour eux autant que pour nous !