L'esprit de Noël est passé...

Mail reçu mardi 19 décembre 2017 :

"(...) Je n'hésite pas à parler de l'association et de notre implication personnelle à venir en aide aux chats libres. En allant prendre mes cigarettes au tabac de Sommières, où j'ai l'habitude de boire un café, je suis également appelé "l'homme aux chats". Il n'est pas rare que j’amène le sujet à discussion, comme ce fut le cas dans la journée d'hier. Une personne me dit : " J'aime les animaux, mais pas les chats : même quand on leur donne à manger, ils vous ignorent. Ce n'est pas comme un chien qui, lui, aime son maître en le lui montrant". Forcement, j'engage le débat, en me disant concerné par tous les animaux, ayant moi-même un chien.

Je réponds que le chien est par définition l'ami de l'homme, car complétement asservi à celui-ci et que par nature, l'homme apprécie avant tout sa domination ; que c'est un raisonnement macho que bien souvent l'homme aime dans ce même rapport avec la femme. Alors certes, le chat est par nature indépendant et qu'à ce comportement, nous lui ressemblons plus que son ami le chien et cela déplait aux personnes qui ne voient qu'une domination sans partage avec l'animal.

Puis, dans un échange d'opinions amicales, je souligne que le chat, tout indépendant qu'il soit, n'en n'est pas moins reconnaissant si l'on prend le temps de faire connaissance avec lui. Le chat a pour habitude de différer ses attentions en choisissant les moments opportuns pour nous le montrer, sans nous avertir, par un regard admiratif insistant envers son maître. Il lui fera la cour de multiples façons, se frottant à ses jambes avant de grimper sur ses genoux en ronronnant de plaisir et aussi quelquefois en "tricotant" (action de jeux de ses deux pattes avant alternant un mouvement d'amour). Mais c'est toujours lui qui choisit ce moment d'affection. Il n'est pas une peluche ou un jouet que l'on offre à un enfant pour Noël. D'ailleurs, en ce qui nous concerne, nous refusons toujours cette démarche d'adoption malsaine pour son bien et son avenir à terme, qui peut être son abandon, comme un jouet cassé.

Je parle ensuite du rôle de l'association, dont on partage l'esprit et la morale dans son action à venir en aide aux chats de rue et leurs destinées cabossées, souvent résultat coupable de l'homme envers lui. Nous le réparons physiquement quand il est malade ou blessé, le nourrissons, essayons d'aller vers une adoption saine pour lui quand c'est possible. Surtout, nous les stérilisons pour éviter leur prolifération, ce qui fait de l'association, qu'elle est, sans l'ombre d'un doute, "d'utilité publique". Ce dévouement est le don d'elles-mêmes gratuit de personnes vouées à les aimer coûte que coûte. L'association ne vit et survit financièrement que par des dons de particuliers, ce qui n'est pas toujours facile ni simple ; l'action de l'association est soutenue par des personnalités publiques connues et nous faisons adopter chaque année de nombreux chatons venant de la rue — 26 chatons en ce qui nous concerne, depuis deux ans que nous avons rejoint l'association — et combien d'autres avec tous ceux qui s'impliquent comme nous avec l'aide de l'association...

Après avoir eu cette discussion avec ce monsieur, j'ai été surpris de le voir sortir son carnet de chèques et de faire un don de 100 euros à l'association. Doit-on croire à la magie de Noël ? Je ne sais pas. Ce don aidera toujours un peu l'association dans cette période, et ce monsieur m'a promis de regarder différemment nos amis les chats et de visiter le site. Bien sûr, cet homme n'est pas obtus et, sans aucun doute, il possède cette intelligence que j'appelle "le bon sens", qui permet l'échange convivial sur la cause animale dont il m'a fait cadeau avant son chèque. Qui sait, y aura-t-il un jour, par hasard, une autre rencontre comme celle-ci pour apprécier que l'on ne fait pas que perdre son temps à y croire.

À bientôt ! Bonnes fêtes de fin d'année à vous, à l'association et à tous ceux qui participent et œuvrent pour tous vos chats libres, où qu'ils soient. "

Christine et Jacques
Photo Christine Planche